Deux ans à encaisser des humiliations de la part de la direction.
« Tu te prends pour Proust ??? », pour une note de deux pages avec images.
« Heureusement que tu n'es expert en rien. »
« Tu n'es qu'un ventre. »
« Barre-toi ! »
J'ai été convoqué pour me faire hurler dessus parce que je me tenais mal sur ma chaise. Ancienne enseignante, la dirigeante se comporte comme si nous étions des étudiants un peu benêts.
Le gâchis. XPDeep vend "l'esprit startup", l'innovation, l'IA de confiance. En réalité, c'est l'anti-startup : aucune autonomie, aucune confiance, aucun droit à l'initiative. Des développeurs, data scientists et ingénieurs compétents (certains avec des doctorats) sont réduits à exécuter des spécifications approximatives, avec très peu de marge pour les questionner. On aurait pu faire un très beau projet ensemble. À la place, du potentiel humain gaspillé.
Direction déconnectée. Le CEO, non technique, a décidé un jour de "vibe coder" le site vitrine tout seul et de le mettre en production sans prévenir personne, même pas sa co-dirigeante. Résultat : bugs graphiques évidents, images générées par IA sans queue ni tête, version mobile inutilisable. La réponse : « Les gens n'utilisent pas leur téléphone pour aller sur des sites web » en 2025.
Contrôle paranoïaque. Les équipes sont cloisonnées. Le "cœur" technique est secret, même en interne. J'ai vu des collègues se faire réprimander parce que j'avais prononcé le mot "gradient" devant eux... dans une boîte de deep learning. Un jour, je prends un verre d'eau avec un collègue : réprimande, parce qu'il n'avait pas à me parler d'un sujet que j'allais traiter le lendemain. Tous les mails doivent inclure la direction en copie, quel que soit le sujet. Obligation de mettre la caméra en visio, appels matinaux fréquents lors des quelques rares autorisations à télétravailler.
Micromanagement constant. Record personnel : 15 appels Teams dans la même journée pour des micro-tâches toutes "prioritaires". Chaque tâche est urgente, jusqu'à ce qu'elle soit remplacée par une autre. Les specs se contredisent souvent: on me demande de supprimer une fonctionnalité, puis de la remettre une semaine plus tard.
Aucune autonomie tolérée. On m'a imposé un protocole pour "éviter de perdre du temps à se justifier" : je n'avais le droit que de demander des "clarifications", pas vraiment de proposer une amélioration. Toute initiative est mal vue. Par contre, vos idées réapparaissent quelques mois plus tard : « J'ai eu une idée… »
Dénigrement organisé. Les dirigeants font un briefing aux nouveaux pour descendre les employés en place. Me concernant : "fouineur", "pas fiable", "ne lui parlez pas". On m'avait d'ailleurs conseillé à mon arrivée de ne pas parler à telle collègue parce qu'elle s'entendait bien avec telle autre...
Comportements limites. Des remarques questionnables sur le genre, l'origine ethnique et la religion commentent souvent les phases de recrutement. J'ai entendu des commentaires sur des candidates au motif qu'elles risquaient de vouloir des enfants, des remarques sur le fait de ne plus vouloir de femmes en général, notamment voilées, ou des stéréotypes raciaux formulés comme des compliments.
Promesses jamais tenues. Les BSPCE ? Promis depuis le début, jamais vus. Le télétravail ? « Après la levée de fonds. » Deux ans qu'on attend.
Salaires et mutuelle. Retards de paiement récurrents (de plus de 15 jours parfois). On a découvert un jour que la mutuelle n'était plus payée, sans bien sûr en être informés. La direction a tendance à ghoster les employés.
Gaslighting. Quand on remonte ces problèmes ? On est "trop fragile", "hypersensible", et récemment "pas normal".
CEO absent. Il passe une fois tous les deux mois, ne dit pas toujours bonjour. Good cop / bad cop avec la co-dirigeante. Les plaintes remontent, rien ne bouge.
Conseils à la direction
Faites confiance aux gens que vous embauchez. Arrêtez de recruter en cachant la réalité (dernier collègue embauché alors qu'on était en retard de paiement !). Arrêtez de traiter vos employés comme des étudiants.
Résultat : la boule au ventre chaque matin. Je ne souhaite cette expérience à personne.